André Schneider - Député du Bas-Rhin - Maire de Hoenheim
Présentez-vous.
Je suis Député depuis 1997. Je siège actuellement à la commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale, je suis membre de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe et membre de la Délégation Française à l’Union Européenne.
Egalement Maire de la ville de Hoenheim (67800) qui compte près de 11000 habitants et 3ème Vice-Président de la Communauté Urbaine de Strasbourg, mes responsabilités d’élu m’ont toujours conduit à travailler aux côtés des associations sportives, culturelles ou caritatives.
Ayant été chef d’établissement dans différents collèges difficiles dans le Bas-Rhin, au moment où j’exerçais encore mon activité professionnelle, la vie associative m’a là aussi environnée au quotidien.
Aujourd’hui, j’ai la fierté de présider le Mouvement Régional de Défense du Bénévolat et de la Vie Associative (M.R.D.B.V.A.), qui regroupe les diverses associations d’Alsace / Moselle. Je participe également au groupe de travail parlementaire présidée par ma collègue la Député Muriel MARLAND-MILITELLO qui se consacre au « développement de la vie associative et du bénévolat ».
Quel a été votre premier contact avec le monde associatif ?
Par la politique d’une part, j’ai en effet fait partie de celles et ceux qui en 1969 ont créé l’U.J.P. qui réunissait alors les jeunes gaullistes. Enfant né à la fin de la 2ème guerre mondiale, De Gaulle a suscité en moi de l’espoir en considérant que la seule valeur qui méritait qu’on lutte pour elle était l’Homme.
Et puis, d’autre part, étant catholique les associations caritatives qui ont accompagné mon éducation m’ont elle aussi, différemment, donné foi en l’Homme. Tant d’enfants se trouvent confrontés à une existence pénible, tant de personnes handicapées souffrent de l’anonymat, tant de personnes âgées sont réduites à la solitude … moi cela m’a révolté enfant, cela me révolte encore aujourd’hui !
Si nos associations n’avaient pas l’élan et l’endurance qu’on leur connaît, le malheur et la tristesse de bien des gens seraient encore plus durs à supporter !
Quant à la santé, des associations comme celles qui luttent contre le cancer ou contre les maladies génétiques devraient être soutenues davantage.
Mon cousin germain, Gilbert SCHNEIDER, préside l’Association bas-rhinoise contre le cancer … Comment pourrais-je y être indifférent et, pour celles et ceux qui le connaissent [Association E.L.A. … ], j’ai encouragé et ne cesserai de le faire le Professeur ANTONY (Maria Susaï), aujourd’hui retraité du CNRS. Ce Docteur en physique nucléaire a inventé un tableau des Isotopes permettant d’aider les enfants souffrant de maladies génétiques (leucodystrophies). Il a récemment été nommé à mon initiative Chevalier dans l’Ordre National du Mérite par le Président de la République pour ses recherches.
Pourriez-vous nous parler de votre expérience dans le monde associatif ?
De manière directe, mon action au sein du M.R.D.B.V.A. vise à aider les associations à se voir reconnaître un réel statut social et fiscal. L’aspect juridique de ces entités est bien plus important qu’il n’y parait de prime abord. Aussi, en tant que parlementaire je m’investis pour que par ce biais nos bénévoles ne se découragent pas et poursuivent leur action. C’est un vrai problème dans notre pays.
De façon plus indirecte mais que je souhaite toute aussi efficace, je soutiens de toutes mes forces les associations de ma Ville : qu’il s’agisse de l’enfance, des personnes âgées, de la famille et de l’action sociale au sens le plus large, du sport, de l’environnement, de la santé ou de la culture. Leur engagement est réellement très fort et mérite d’être encouragé sans faille.
Au-delà, et étant un homme de terrain, c’est très volontiers que je me rends aux invitations des nombreuses associations de ma circonscription qui me convient.
En quoi votre expérience a-t-elle influencé votre engagement dans la vie politique ? Comment ?
Mon expérience m’a mis en phase avec la réalité. Elle m’a conduit à chercher les moyens d’aider les autres, de défendre des causes qui me semblaient essentielles. Mais au fond de chaque action que j’ai entreprise, il y a toujours eu l’Homme, ce « roseau pensant » qu’il faut défendre et envers et contre tout. Seul on peut déjà beaucoup mais en association on va souvent plus loin et plus haut ! Les associations sont un moteur mais aussi un tremplin.
Faites-vous actuellement partie d’une ou plusieurs associations ? Si oui, quelle a été votre motivation ?
Outre mon engagement en tant que Président du M.R.D.B.V.A., je suis membre de la Licra du Bas-Rhin, je suis secrétaire de l’Association « Les Mésanges » (maison de retraite de 40 lits et d’une section Alzheimer de 14 chambres médicalisées). Je suis également membre d’une association strasbourgeoise de lutte contre l’illettrisme « Lecture et écritures » présidé par Monsieur Jean-François KOVAR.
Ce qui me motive c’est de vouloir changer les choses.
Pourriez-vous nous citer le nom d’une association dont l’action vous aurait marqué et pour quelles raisons ?
Je pense à l’ADAPEI du Bas-Rhin. Dans ma ville de Hoenheim nous avons fait le choix de réserver leur juste place à nos personnes handicapées adultes, celles-ci ont un logement qui leur est adapté et où il fait bon vivre.
Que pensez-vous du monde associatif ? Que peut-il apporter à notre société ?
Sans les associations, il manquerait quelque chose pour le bonheur de l’Homme. Peut-on vivre heureux si l’on ne sait ni lire ni écrire ? Les associations sont sans conteste une valeur ajoutée pour notre société. Elle « véhicule » la solidarité, elle « sponsorise » le dépassement de soi, elle « transmet » la culture qui ouvre l’esprit.
Quels sont vos souhaits pour le monde associatif ?
Qu’on lui reconnaisse une place à sa hauteur … En d’autres termes qu’on lui accorde un statut et qu’on lui donne les moyens d’agir concrètement.
Quel est votre avis sur la création du Numéro Vert «Associatif» ?
C’est une très bonne chose. Ce la permet de communiquer, d’échanger et d’informer.
Les services du Numéro Vert «Associatif» seront gratuits pour les associations comme pour nos concitoyens et ce grâce à l’aide financière et technique de partenaires. Que pensez-vous d’une entreprise qui aiderait à la réalisation d’un tel projet ?
Ce serait une excellente initiative.
AHF - Septembre 2004

